Le sommeil des 2-3 ans… Quel cauchemar !

Ah le sommeil ! Ce défi du quotidien pour un grand nombre de parents.

Que ce soit pour les siestes ou les nuits, entre les luttes au coucher, l’excitation du soir, les sollicitations de dernière minute qui se multiplient (encore un bisou/un pipi/un verre d’eau…), les tétées à rallonge, la java dans le lit, ou les nuits saccadées (pour ne pas dire massacrées), de nombreuses situations peuvent finir par nous exaspérer au point de perdre patience.

C’est là que le sommeil devient un cauchemar pour nous… et nous pousse dans nos retranchements parfois catastrophiques.

1/ Mon enfant de 2 ans ne dort pas dans sa chambre / ne s’endort pas tout seul, comment éviter qu’il/elle prenne de mauvaises habitudes ?

“Je vois bien que l’endormissement est un moment difficile pour mon fils/ma fille, mais j’ai l’impression que plus on suit ses rituels, moins il/elle arrive à s’en passer.”

C’est une question qui revient chez de nombreux parents, notamment autour des 2-3 ans de l’enfant, parce qu’on estime qu’à cet âge, il devrait dormir seul.

Que faire pour l’entraîner à s’endormir seul(e) ?

Vous êtes lassés des multiples demandes au moment du coucher ou des appels en milieu de nuit ?

Vous vous demandez comment vous y prendre pour que votre enfant acquière cette autonomie ?

Peut-être vous êtes-vous même déjà demandé s’il/elle n’avait pas un “problème” ou si vous n’avez pas “loupé quelque chose” pour qu’il/elle ne parvienne toujours pas à faire ses nuits, complètes et dans sa chambre.

Est-ce réellement une mauvaise habitude que de (s’en)dormir auprès de ses parents ?

Assurément, il y a peu d’ados de 15 ans qui ont gardé cette coutume et dorment encore pouce en bouche blottis contre maman.

En revanche, bien sûr que dormir avec quelqu’un, ça peut être une habitude. D’ailleurs, celle-ci ne choque absolument personne lorsqu’on parle d’adultes en couple.

Mais chez l’enfant, passer la nuit auprès de ses parents représente bien plus : c’est un besoin à combler.

Le petit humain est disposé de sorte à ne se sentir en sécurité qu’en présence d’un adulte responsable de sa survie, autrement appelé “figure d’attachement”.

➜ Ce n’est donc pas le résultat d’un conditionnement, mais bien le fonctionnement naturel de l’enfant, jusqu’à ce qu’il soit physiologiquement prêt à combler ce besoin d’une autre manière. Sauf bien sûr si, à l’inverse, c’est l’adulte qui a imposé sa présence à l’enfant, lui empêchant alors de mener ses propres stratégies pour développer son autonomie (ce qui a priori n’est pas votre cas).

De plus, les enfants vivent dans “l’immédiateté des besoins”, ce qui signifie que leurs besoins se manifestent spontanément et demandent à être comblés instantanément.

Cela ne peut donc pas être de “mauvaises habitudes” que de répondre à leurs demandes.

Pourquoi le cododo est-il un problème ?

Ce qui engendre la plupart de nos difficultés, c’est que nous refusons par principe que l’enfant dorme en cododo, d’autant plus au-delà d’un certain âge ;

C’est ce qui est ancré dans notre société.

➜ De nos jours, les coutumes occidentales sont très coupées de la réalité du développement de l’enfant. Alors qu’il suffit de se tourner vers d’autres communautés pour constater qu’il peut en être tout à fait autrement.


Mais en ayant nous-mêmes été peu accompagnés dans nos besoins naturels durant notre enfance et ayant intégré par notre éducation qu’il est mauvais, voire dangereux de dormir auprès des bébés, que cela les empêche d’apprendre à se séparer de leurs parents, que cela en fait des “rois” ou des “tyrans”, etc.

Nous avons bien du mal à envisager qu’il puisse en être autrement.

Il est alors crucial de s’informer et d’oser sortir des vieilles conventions pour vivre une parentalité plus sereine.

À partir de quel âge est-ce anormal de ne pas savoir dormir seul ?

Ce qui renforce souvent le sentiment de frustration ou les questionnements et doutes incessants au sujet du sommeil des petits, c’est qu’on a en tête des attentes corrélées à l’âge.

C’est évidemment aussi en lien avec les croyances relayées dans notre société, même si cela tend à se déconstruire tout doucement.

➜ Mais si l’inquiétude ou la lassitude continue de vous envahir, vous en oubliez peut-être que chaque individu est différent et que chacun apprend, progresse et s’autonomise à son propre rythme.

Vouloir forcer, conditionner, entraîner des acquisitions qui sont liées à la maturation biologique de l’enfant est inutile, voire contre-productif et délétère.

Ce n’est pas forcément lié à des défaillances si un enfant ne peut dormir seul à 2 ans, 4 ans ni même 6 ans. C’est simplement le rythme de son développement. De la même manière, certains bambins savent marcher à 10 mois, alors que d’autres n’y parviennent qu’à 20 mois et certains enfants sont continents à 18 mois alors que d’autres ne passent ce cap qu’à 4 ans.

Comment aider mon enfant à dormir sans pleurs et sans conflits ?

Si vous avez l’élan de cheminer vers une parentalité plus respectueuse, plus “écologique”, je vous propose de sortir de la frénésie ambiante pour accepter pleinement le rythme de développement de votre enfant.

Sans cela, vous risquez de perpétuer des postures oppressantes, ce qui ne fera qu’empirer la situation, et/ou abîmera votre relation.

C’est le cas bien souvent quand des parents conditionnent leurs enfants à dormir seuls alors qu’ils n’y sont pas prêts ; ces derniers finissent toujours par “compenser” d’une manière ou d’une autre, ce qui impacte d’autres sphères de leur vie (notamment d’autres acquisitions).

➜ Je vous invite à vous demander en toute honnêteté quels sont vos besoins ? Qu’est-ce qui vous empêche concrètement de vous dire “Je vais laisser mon enfant grandir à son rythme et faire en sorte qu’il se sente en sécurité, aussi longtemps que nécessaire.” ?

La plupart du temps, le problème réside dans notre résistance et notre fonctionnement “par défaut”.

Une majorité d’entre nous, adultes d’aujourd’hui, n’avons pas appris à développer des stratégies saines pour écouter et satisfaire nos besoins. Si nous parvenions à peu près à vivre confortablement jusqu’ici, en devenant parent, la charge s’est alourdie sur nos épaules. Et si nous ne remettons pas en question l’éducation que nous avons nous-mêmes reçue, nous nous attendons à ce que l’enfant fasse des efforts.

Or, comme expliqué plus haut, l’enfant n’a pas les capacités de prendre en charge ses besoins, c’est à nous d’y contribuer.

➜ L’idée c’est donc de trouver l’équilibre entre nos ressources et nos propres besoins, pour continuellement accompagner nos enfants dans les leurs.

2/ Réveils nocturnes et terrible two : comment apprendre aux enfants à se rendormir ?

Faut-il utiliser une méthode pour que mon enfant apprenne à se rendormir ?

Les approches comme celles du Dr Gordon pour le sevrage de nuit et autres techniques d’apprentissage visant à inculquer à l’enfant qu’il doit se rendormir seul quand il se réveille au milieu de la nuit (et ce, quelle que soit la raison) sont des méthodes de conditionnement.

Aussi bienveillantes veulent-elles paraître, ce sont des pratiques basées sur la manipulation et l’entraînement, comparables à du dressage.

➜ Non seulement ces postures sont coercitives et ont des conséquences sur les relations parents/enfants, mais en plus elles vont à l’encontre du bon développement de l’autonomie du sommeil qu’on cherche justement à obtenir.

Tout processus biologique ne peut par définition pas être accéléré sans répercussions.

Beaucoup de parents ayant testé ces méthodes réalisent qu’il est insupportable de devoir rester quasi impassible lorsque leur enfant pleure. Et c’est bien normal !

➜ Les pleurs/cris sont le premier moyen de communication du petit humain. Il est conçu de sorte à appeler à l’aide de cette manière et nous adultes sommes biologiquement disposés à réagir à ces appels. Donc c’est tout à fait logique de se sentir mal lorsqu’on tente d’étouffer nos réactions instinctives alors qu’il est de notre responsabilité de répondre aux besoins de nos petits.

Que faire pour aider mon enfant à passer des nuits sereines ?

Si vous vous épuisez parce que chaque nuit votre enfant se réveille et peut-être (en plus) a du mal à se rendormir, que vous avez l’impression de ne voir aucune amélioration avec le temps, je vous invite à explorer 2 pistes :

Cas 1 :

Observez avec du recul quels sont les besoins exprimés par votre enfant et quelles sont vos conditions actuelles de sommeil :

  • Est-ce qu’il dort dans sa chambre ?
  • Si oui, est-ce à son initiative ?
  • A-t-il eu pleinement le choix ?
  • Est-il libre de revenir dessus ?

➜ Il arrive qu’on propose à l’enfant d’intégrer sa chambre avec beaucoup d’insistance. On induit des enjeux, des pressions plus ou moins explicites. “Tu es grand(e) maintenant.”, “Qu’est-ce qu’ils vont dire tes copains à l’école ?”, “Tu sais à ton âge, on a plus autant besoin de papa et maman…” etc. Tant et si bien que l’enfant va finir par céder, refouler ses émotions, se forcer, voire demander de lui-même à dormir seul, alors qu’en réalité il n’y était pas prêt.

Mais, comme les émotions et les besoins ne peuvent être réprimés bien longtemps, il est tout à fait logique que derrière les demandes et autres appels nocturnes se multiplient.

Cas 2 :

Si le changement était vraiment à son initiative et qu’il/elle a la possibilité de revenir librement à un sommeil partagé s’il en ressent le besoin, mais que malgré tout le sommeil reste haché, que les réveils sont nombreux ; il faut se tourner vers la possibilité d’un trouble physiologique.

➜ Reflux, allergies, intolérances, troubles posturaux, de nombreuses pistes peuvent expliquer des perturbations du sommeil

Bien sûr, il se peut qu’un enfant soit confortable à l’idée de s’endormir seul, mais se sente en insécurité s’il se réveille en pleine nuit (parce qu’il a soif, chaud, froid, besoin d’éliminer ou autre).

Tout l’enjeu reposera alors sur votre créativité pour trouver des stratégies qui combleront les besoins de toute la famille au mieux.

Si vous souhaitez bénéficier d’un accompagnement complet à ce sujet, l’Atelier Sommeil est prévu pour vous ! Il vous donne toutes les clés et les actions concrètes certifiées Accompagnement Respectueux pour aider votre enfant à dormir naturellement.


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