Enfant difficile ?

« Il a sale caractère ! »

« C’est un enfant difficile »

« Elle demande trop d’attention ! »

« Il n’écoute jamais rien ! »

C’est le désarroi total face à votre enfant ?

Pourtant vous avez l’impression de faire ce qu’il faut, d’être à son écoute, de répondre au maximum à ses besoins… Et il y a toujours quelque chose qui ne convient pas, qui le fait partir en crise.

Vous avez l’impression de ne jamais vous en sortir, d’être constamment poussé(e) à bout ? Vous vous demandez pourquoi votre enfant à un comportement aussi difficile ? Pourquoi semble-t-il constamment opposé à vous, voire provocateur ?

Dans cet article, je souhaite mettre en lumière un des éléments à côté duquel la plupart des adultes passent (faute d’avoir eu l’information), alors qu’il est déterminant dans nos relations : le tempérament.

Une fois de plus, c’est grâce à de meilleures connaissances sur l’humain que vous allez pouvoir mieux comprendre d’où viennent vos difficultés et mettre la main sur ce qui va apaiser les conflits avec vos enfants.

“J’ai l’impression qu’il/elle me provoque et n’écoute jamais rien”

D’où viennent les crises ?

L’incompréhension est la source de tout conflit. Lorsqu’on ne se comprend pas, qu’on a des attentes auxquelles l’autre ne répond pas, on arrive à une mésentente plus ou moins douloureuse.

Quand ces divergences arrivent entre adultes, on analyse facilement la situation sous l’angle du désaccord, de l’incompatibilité d’humeur ou de caractère.

Or quand c’est un conflit entre un parent et son enfant, on a tendance à remettre la faute sur l’enfant en pensant qu’il fait des caprices, qu’il est difficile, provocateur, etc.

Pourquoi mon enfant me provoque-t-il ?

Pourtant les enfants comme les adultes, ont leur caractère, leurs humeurs, et leurs besoins… Alors qu’est-ce qui nous fait penser qu’ils sont dans la provocation ou ont “mauvais caractère” ?

Dans notre société, on a pour (mauvaise) habitude d’interpréter les comportements des enfants selon les préjugés entretenus à leur égard. Du coup, lorsqu’une incompréhension arrive entre un adulte et un enfant, on a tendance à remettre la faute sur le plus jeune, qui devrait répondre aux attentes de ses parents, autrement dit, qui devrait obéir.

Or l’enfant essaie seulement d’exprimer son besoin ou son avis. Pourquoi, au nom de sa position d’enfant, devrait-il s’asseoir sur ses ressentis et combler les attentes des adultes ?

Pour certains, c’est évident : parce que l’enfant « doit obéir », point.

Sauf que l‘obéissance n’est pas une « compétence » souhaitable : ni pour l’enfant et son bon développement, ni pour la relation qu’on souhaite entretenir avec lui.

Si vous avez besoin de mieux comprendre pourquoi l’éducation à l’obéissance est délétère, vous trouverez des informations complémentaires en cliquant ici.

Pourquoi mon enfant ne coopère-t-il pas ?

Il est évidemment plus souhaitable d’avancer vers une logique de coopération, où la relation repose sur la prise en compte des besoins de chacun (avec des compromis).

Et pour cela, on doit commencer par reconnaître pleinement ces besoins, sans nier ceux qui nous « dérangent ».

Nos besoins sont liés à différents paramètres, nous en avons beaucoup en commun (besoins physiques, affectifs…) et certains sont liés à notre tempérament ou notre (im)maturité cérébrale.

Tout le monde s’accorde à dire que chaque personne est unique et a son propre tempérament. Les enfants aussi. Mais jusqu’à quel point sommes-nous prêts à accepter leur individualité?

Lorsqu’on se dit “mon enfant ne coopère pas”/”Il n’écoute jamais rien”/”Il n’en fait qu’à sa tête”… il faut se rendre compte que nous sommes en train de le juger (hâtivement) parce qu’il ne répond pas à nos besoins à nous.

En partant du principe que chaque individu fait toujours de son mieux (en lien avec ses capacités, compétences, ressources dans l’instant, etc.) on peut prendre conscience qu’en réalité, lorsqu’il refuse de coopérer, l’enfant “défend” ses propres besoins .

“C’est un difficile !”, “Il/elle a sale caractère !”

D’où proviennent ces comportements difficiles (voire insupportables) ?

Si vous parvenez à présent à prendre du recul sur les potentielles causes de difficultés avec vos enfants, vous avez peut-être encore du mal à vous empêcher de penser :

“C’est un enfant têtu, il est né ainsi”

“Il a mauvais caractère, c’est tout le temps comme ça”

“C’est dans son tempérament d’être capricieux, il n’y a rien à faire”

Or, savoir ce qui relève du tempérament (inné) ou de l’acquis est essentiel pour se comprendre et apaiser les relations.

Comment apaiser la relation avec mon enfant ?

En reconnaissant la personnalité de votre enfant, vous allez pouvoir :

  1. réévaluer vos attentes vis-à-vis de lui,
  2. tout en le considérant pour ce qu’il est
  3. sans chercher à le « formater » ou le « modeler ».

Bien sûr, l’expression de ce tempérament doit aussi prendre en compte les autres (membres de la famille, entourage, etc.), et certains « aspects » (manifestations du tempérament) évoluent avec le temps et la maturation cérébrale.

Si vous souhaitez avancer dans une logique permettant l’épanouissement et l’autonomie de votre enfant, vous devez pouvoir le soutenir et l’accompagner dans ses acquisitions en tenant compte de son tempérament.

Comment reconnaître le tempérament de mon enfant ?

Grâce à l’étude d’Alexander Thomas et de Stella Chess1, nous pouvons mieux comprendre nos enfants en tenant compte de leurs traits de caractère.

Leurs travaux révèlent que de nombreuses dimensions sont inhérentes aux tempéraments, alors qu’on pense (à tort) qu’elles sont liées uniquement à l’environnement ou à l’acquis.

Voici, selon cette étude, les éléments qui entrent en compte dans les traits définissant les tempéraments :

  1. De quelle façon l’enfant réagit aux émotions (plus ou moins intensément),
  2. Avec quelle facilité/difficulté l’enfant cesse une activité pour passer à une autre activité (constance),
  3. Comment l’enfant réagit aux changements de température, aux bruits, à l’environnement, aux variations alimentaires (changement de recette par ex.),
  4. S’il sent ou réagit au stress présent chez les autres (sensibilité)
  5. Dans quelle mesure il réagit aux stimuli extérieurs (perceptibilité)
  6. Comment l’enfant réagit aux situations nouvelles, aux changements (adaptabilité)
  7. La présence ou non d’une régularité dans la satisfaction de ses besoins physiologiques (sommeil, alimentation, etc.)
  8. Son besoin d’activité, de mouvement, etc.

Il y a donc des enfants qui ont des réactions plus ou moins intenses pour exprimer leurs émotions. On sait que ces manifestations se réguleront au fil de la maturation cérébrale, mais leur intensité restera liée au tempérament de l’individu.

Chaque enfant est également plus ou moins enclin à passer d’une activité à une autre. Plus ou moins sensible aux modifications de son environnement, à la nouveauté, aux changements…

Et possède un rythme biologique plus ou moins régulier, un besoin de bouger plus ou moins accru, etc.

Bref, il y a autant de possibilités que d’enfants.

Que faire pour diminuer les conflits et les crises ?

Grâce à cet éclairage sur ce qui compose la personnalité propre à chacun, on peut découvrir les causes de nombreuses difficultés parentales.

Notamment, la mise en place de certaines pratiques, comme des routines pour l’endormissement, les repas, l’hygiène, le nombre de sorties extérieures, peut en réalité être vécue comme une contrainte pour certains enfants (contrainte forte qui leur empêche d’être comme ils sont…).

Or ces routines sont régulièrement conseillées, voire érigées en dogme parce que “les enfants en ont besoin », parce que « c’est bon pour eux ».

Preuve en est que ce n’est pas toujours le cas et que les besoins dépendent aussi du tempérament.

Avancer vers un Accompagnement Respectueux des Enfants®

Nos pratiques influencent fortement les comportements de nos enfants et la façon dont ils expriment leurs besoins.

Moins on les entend/comprend, plus ils risquent de les exprimer fortement ou de trouver d’autres moyens d’expression (cris, coups, jets d’objets, refus permanents, etc.)

Pour aller plus loin sur ce sujet : revue des études sur l’irritabilité du bébé et l’attachement2.

S’ajoute à cela le tempérament des frères/sœurs, des parents, de l’entourage plus ou moins proche et l’on se retrouve avec des incompréhensions ou des conflits qui nous semblent insurmontables.

Notre enfant peut par moment nous paraître complètement étranger tant son comportement (lié à son tempérament, différent du nôtre) dépasse notre entendement …

Avoir conscience de ces dimensions permet donc de mieux cerner les besoins de son enfant et d’apaiser les relations en recherchant des compromis pour que les besoins de tous soient satisfaits.

Afin de vous aider à résoudre vos problématiques les plus fréquentes, je vous ai préparé des dossiers très complets sur différentes thématiques (l’alimentation, le sommeil, les écrans, l’hygiène et les soins), pour les télécharger gratuitement, rendez-vous sur cette page.

Notes


  1. THOMAS A., CHESS S. : Temperament and development, Brunner-Mazel, New York, 1977. 

  2. Hubin-Gayte Mylène, « Le développement de l’attachement des nourrissons irritables : une revue », Devenir, 3/2004 (Vol. 16), p. 199-212. 

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