Faire passer la pilule …

Bonjour,



Il y a une question récurrente posée par les parents concernant la santé/les soins : « comment aider l’enfant à prendre son traitement quand il.elle en a un ? ».


Avant de répondre à cette question j’invite toujours à s’interroger sur :

  • La nécessité du traitement : est ce que plusieurs avis médicaux ont été sollicités ?
  • Est ce que le médicament est disponible sous plusieurs formes ?


Personnellement, je ne trouve pas que prendre un médicament est un geste anodin, et ce, même s’il a été prescrit par un professionnel assermenté. 

Les raisons qui poussent à la prescription ne sont pas toujours celle de notre guérison, je ne pense pas tomber dans la “théorie du complot” en affirmant cela, car les médecins sont des êtres humains qui possèdent aussi, comme chacun de nous, de nombreux biais. Et un jour un médecin m’a clairement dit que l’objectif de certains était de “fidéliser leur patientèle” en précisant “ quoi de plus fidèle qu’un éternel malade ? ” …  Ca nous a fait pas mal réfléchir à une époque où on était bien malades.

Et je sais aussi que les professionnels subissent pas mal de pressions/influences quand, entre 2 rdv patients, ils reçoivent des visiteurs médicaux représentant les laboratoires. Quand bien même l’intention du médecin serait uniquement de nous guérir, il n’est pas déraisonnable de penser que, plus ces visites sont fréquentes, plus il existe des biais de la part du médecin. 

Malheureusement, nous ne pouvons savoir ce genre de chose en détail, ce seraient des statistiques intéressantes à connaître pour les patients, mais à ce stade les seules informations dont on dispose ce sont les liens d’intérêts entre les entreprises du secteur de la santé et les professionnels (cf ici la base transparence santé du gouvernement).

A partir de là, on peut choisir d’adopter soit une démarche de confiance aveugle, soit une démarche sceptique. 

Quelque soit la problématique ou le domaine j’aborde pour ma toujours une démarche sceptique. 

Evidemment cette démarche est énergivore et chronophage, car on aurait bien envie, ne serait-ce que pour alléger notre charge mentale, de juste pouvoir se reposer sur des conseils donnés et passer à un autre problème. 

J’en parle vraiment en connaissance de cause car nous avons eu, malheureusement, plusieurs problèmes de santé assez sérieux, et nous avons rencontré beaucoup de médecins et spécialistes, et, nous avons eu à prendre différents traitements.

Avec le temps, nous avons appris à nous organiser à ce sujet : avant de trouver des professionnels de confiance, nous avions pour réflexe de demander l’avis à plusieurs médecins. Et nous le faisons encore pour des situations nouvelles.

Alors, oui, cela implique la prise de plusieurs rendez-vous, je me souviens encore d’une semaine marathon où nous avons dû rencontrer 5 dentistes en 5 jours pour aider mon fils avec un problème dentaire.

Pour l’aspect purement médical 2 ou 3 auraient suffit (une dent cariée, il y avait hésitation sur obturation ou arrachage). 

Mais malheureusement, il y a aussi la dimension humaine dans les soins qu’on ne peut ignorer, et chez nous il n’est pas acceptable de subir des violences “au nom de la santé”. 

Il y a tellement à dire sur cette question de la bientraitance des professionnels de santé que j’y reviendrais bien entendu.

Donc quand vous rencontrez des difficultés avec votre enfant pour un traitement proposé, c’est souvent le cas des antibiotiques, je vous invite vraiment à évaluer cette question, car il n’est pas rare que des traitements sont prescrits inutilement comme dans le cas de la bronchite.

Vous lirez sur toutes les sources sérieuses que la bronchite est une maladie bénigne qui guérit spontanément et n’a pas besoin de traitement (cf cet article sur le site de l’assurance maladie).

Si vous avez une tendance hypocondriaque, et qu’au contraire, vous vous affoler si vous ne ressortez pas de chez le médecin avec une longue ordonnance, je vous invite à vraiment considérer cette vision comme étant la vôtre seulement. Je vous propose de saisir l’opportunité que vous offre votre enfant à refuser un traitement pour changer de lunettes sur vos peurs (dans le sens relativiser l’usage des médicaments en systématique, surtout si vous êtes adepte de l’auto-médication).

Enfin si vous êtes sûr.e de la nécessité du traitement mais qu’il y a encore des difficultés pour votre enfant sur la prise, je vous invite à solliciter votre médecin sur les formes alternatives du médicament.

Car chaque produit médicamenteux passe une étude biopharmaceutique et une étude pharmacocinétique lorsqu’il est fabriqué et plusieurs voies d’absorption sont toujours étudiées. 

Ces études permettent d’évaluer les différentes forme d’administration et le devenir des substances dans le corps.

Il se peut que l’efficacité et effets varient évidemment d’une forme à une autre, mais cela pèse plus léger, à mon sens, dans la balance que la violence qui peut découler d’une prise forcée. Je préfère un médicament qui agira moins bien ou sera pris plus longtemps que de faire subir des violences à mes enfants pour les soigner.

Exemple classique des suppositoires : il n’existe pas à ma connaissance des suppositoires qui n’ont pas d’autres formes médicamenteuses et clamer la plus grande efficacité d’un suppo plutôt que d’une prise orale pour justifier un forçage n’est pas acceptable. 

Dans les traitements courants, il n’y a aucune urgence vitale qui justifierait une telle violence (introduire de force un produit de force dans les orifices des enfants, peu importe nos intentions, est une violence de l’ordre traumatique).

Ainsi il convient de bien s’informer sur les différentes formes disponibles et d’impliquer le plus tôt possible l’enfant dans les choix.

Vous serez d’ailleurs surpris.e de voir que l’enfant qui est entendu.e dans sa difficulté et considéré.e dans ses choix peut être amené.e à opter pour des solutions que nous mêmes n’aurions pas considérées (certains enfants vont préférer une piqûre à une prise orale par ex., d’autres le suppositoire etc). 

Bon et si vous êtes sûr.e du traitement et qu’aucune forme ne convient à votre enfant que faire ? 

On en parle dans le prochain numéro 🙂 

PS : si vous n’avez pas lu, ou pas encore reçu, celui sur le mouchage vous le retrouverez par ici.

ATELIER 7 jours  pour aider votre enfant à gérer les écrans sainement