A tes souhaits

Bonjour,

La période des rhumes pointe son bout du nez … 

Chez nous, un petit virus c’est invité. Ma fille est la première victime : elle n’a pas encore 2 ans, elle a donc besoin d’être accompagnée dans les soins. 

À ce stade, il n’y a pas grand chose à faire: les symptômes sont mineures (écoulement nasale) et n’entravent ni sommeil, ni repas, ni état général, donc pas de consultation nécessaire. 

En cas de doute, n’hésitez jamais à consulter, ou appeler le 15 si vous n’êtes pas sûr de l’état de votre enfant, même si cela vous semble mineur.

Le service de régulation du 15 vous met en contact avec un médecin de garde qui vous oriente sur une consultation selon la gravité de la situation. Il y a 3 cas de figures : 

  • pas besoin de consulter : on vous donne les points de surveillance et soins à faire vous mêmes,
  • consultation de ville
  • ou consultation aux urgences.


On ne vous reprochera jamais d’avoir appelé pour rien … 

Du coup je vais profiter de ce contexte pour aborder la question du mouchage pour initier ce dossier.

Concernant la pratique du nettoyage du nez chez les enfants, il y a 2 écoles chez les spécialistes (pédiatres ou médecins ou autres professionnels de santé qui sont amenés à conseiller ce genre de soins) : les deux sont basées sur l’administration de sérum physiologique pour dégager les voies, mais les deux différent dans la façon de procéder. 

Il y a le lavage type “karcher” ou la méthode douce par instillation …

Vous devinerez sûrement celle que je préfère ? 
Et oui pourquoi agir de façon invasive quand on a une alternative…

Je vais vous dire pourquoi la méthode du karcher est controversée et en quoi la méthode douce consiste exactement.

Le lavage type karcher, c’est le fait de vider d’une pipette de sérum physiologique dans chaque narine de l’enfant. Souvent de façon assez brutale (énergique si vous préférez) histoire de vider la pipette en une fois. Non pas par confort pour accélérer les soins, mais par pseudo efficacité du décapage induit.

Une pipette représente 10 ml … 

Est ce que vous avez essayé de vous videz dans votre narine le contenu d’une pipette en une fois ? 

Observez votre corps en faisant cela.

Vous mettez en oeuvre des réflexes de survie pour ne pas vous noyez. Et en plus, vous, vous savez ce qui vous attend … 

Imaginez un peu ce qu’un enfant sous contrainte peut ressentir lors de cette pratique. Non car soyons honnêtes, je ne connais aucun enfant qui coopère à un karcher nasal c’est donc contraint …

Sauf, peut être, ces enfants des vidéos que vous avez du voir circuler sur les réseaux sociaux, de mamans vidant de grandes seringues (sans aiguille) de sérum dans leur nez pendant qu’ils continuaient leurs jeux. 

Cela ressemble à un conditionnement car l’enfant n’est pas en posture de nettoyage (tête penchée) il a dû passer par quelques étapes de forçage avant d’en arriver là ou bien de grande diversion (on parlera de la technique de diversion pendant les soins dans un autre numéro de ce dossier).

Il faut savoir qu’introduire un objet de force dans les orifices d’une personne est très violent et peut entraîner malaise vagal ou fausse route s’il s’agit en plus d’injecter du liquide plus ou moins visqueux. 

Ce serait dommage de prendre de tels risques pour un rhume non ? Sans négliger les complications possibles d’un rhume, ni leur gravité, il n’y a aucune urgence vitale qui justifie la contrainte et le soin forcé. Aucune excuse pour ne pas chercher à faire autrement. 

Si on met de côté l’aspect contrainte un instant (oui rien qu’un instant car c’est un peu au coeur de nos préoccupations dans ce dossier : assurer les soins et préserver la santé en maintenant une posture respectueuse, or forcer aux soins n’en est pas une), on retrouve une autre problématique soulevée par bon nombre d’ ORL sur cette pratique : la méthode du karcher pousse les sécrétions plus loin dans la sphère ORL entraînant de par la fréquence de la pratique notamment des troubles chroniques (dont otites).  

Ainsi, on observe sur certaines notices de sérum physiologique, notamment chez le nourrisson, le conseil d’utiliser la pipette en instillation uniquement, pour éviter la contamination de l’oreille moyenne (cf cet exemple de notice “Chez le nourrisson, instiller le produit avec le minimum de pression afin d’éviter tout risque de contamination de l’oreille moyenne.”)

Certains pédiatres se mettent à alerter sur ces pratiques, malheureusement, il ne sont pas assez nombreux, puisque les pratiques archaïques restent assez répandues. Je les vois encore circuler sur les réseaux sociaux même par des médecins !!

Il y a donc une alternative recommandée, une méthode douce, dite par installation : on met du sérum physiologique en goutte à goutte et, quand l’enfant grandit, il peut même le faire lui même …

C’est exactement ce que commence à faire ma fille. Alors, bien sûr, elle le fait en plusieurs fois, et à son rythme, ça peut prendre un bon moment. Mais je suis convaincue que l’inviter à le faire elle même, le plus tôt possible, et en systématisant le geste pour les périodes de rhumes, créé un effet d’habitude et une routine rassurante (ce n’est pas un soin nouveau). 

Ce qui l’aide également c’est de nous voir, nous aussi, utiliser ce soin pour nous mêmes.

Nous verbalisons beaucoup, en établissant des liens de cause à effet en parlant en “je” : “quand mon nez est bouché j’ai du mal à manger du coup je me mouche ça m’aide” du coup spontanément quand elle la même chose elle fait les mêmes liens et va soit d’elle même demander à être mouchée soit accepter notre invitation à le faire.


Pour le nettoyage, selon l’âge de l’enfant, il y a le mouchage léger ou bien la simple collecte de ce qui ressort suite à l’instillation. Pour collecter il suffit de nettoyer, dans certains cas on peut utiliser le mouche bébé (attention à ce que ne soit pas de la même façon intrusif ici ma fille utilise le mouche bébé sur elle même car elle sent que ça l’aide). 

Je vous invite à lire cet article éloquent de prédiatreonline qui dénonce ce que certains docteurs appellent, je cite, de « la torture », et qui propose des alternatives de mouchage adaptée à chaque âge de l’enfant.


A très vite.

 

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