Comment aider un enfant agressif ?

enfant agressif

Votre enfant est agressif ? Ses émotions se manifestent par des cris, des pleurs, des coups.⁣

Il se montre souvent violent : il frappe, il mord, jette, insulte… ?

 Vous n’aimez pas ça, je le comprends ! 

Vous vous sentez fatigué, impuissant, blessé parfois même, humilié ? 

Souvent devant tant d’agressivité vous finissez par perdre patience et ressentez de la colère à votre tour.⁣

Vous ne savez plus comment apprivoiser cette violence, vous aimeriez tant que votre enfant n’ait jamais été agressif…. Mais vous le savez bien ; en parentalité, les baguettes magiques ça n’existe pas ! 

Je vous propose d’essayer mes lunettes pour analyser ensemble cette violence et observer des pistes concrètes pour aider votre enfant à gérer cette agressivité. 

Votre enfant est agressif ; comprendre les causes 

En lien avec son développement 

Le cerveau de l’enfant est encore très immature : de grandes zones sont en développement, et il manque de nombreuses connexions neuronales. 

Celles qui permettent à l’enfant de vivre moins intensément ses émotions, et de les exprimer d’une façon “socialement convenable”, commencent à peine à se former vers 6/7 ans.

Les connexions neuronales qui nous intéressent particulièrement ici, ce sont les connexions entre le COF, cortex orbitofrontal (représentant le siège des émotions, de la raison et des fonctions cognitives supérieures), et amygdale (siège des émotions).

Les fonctions exécutives supérieures dont fait partie le contrôle inhibiteur, cette faculté de taire des réponses et automatismes inappropriés, se développent pendant toute l’enfance et jusque tard dans l’adolescence.  D’ailleurs, anatomiquement, le système inhibiteur est un de ceux qui arrivent à maturité le plus lentement et le plus tardivement. 

En conséquence de leur immaturité cérébrale, il est donc tout à fait normal jusqu’à 6/7 ans (et même après puisque qu’à cet âge commencent seulement la mise en place des  connexions précitées) d’observer les comportements suivants :

  • Les enfants peuvent crier, hurler, s’agiter, se rouler par terre, frapper et mordre pour exprimer leurs émotions (peur, joie, colère).
  • Les enfants n’entendent pas quand on leur parle si l’émotion est présente et les submerge 
  • Les enfants ne peuvent pas répondre quand on les questionne sur leur état avec des “Pourquoi ?” (cela fait appel à leur intellect, au COF, alors que c’est l’amygdale avec les émotions qui est aux commandes) : au mieux ils répondent un truc à côté qui vous arrange, au pire cela crée des courts-circuits et intensifie l’état émotionnel.

De fait, les enfants n’ont pas non plus la capacité de réévaluation. Prendre du recul, s’apaiser, voir la situation sous un autre angle, voir l’attitude de l’autre différemment, ou revoir la nôtre et chercher des solutions sont des capacités dont dispose un cerveau mature comme est supposé l’être celui de l’adulte.

Je dis supposé, car on peut facilement observer autour de soi (et parfois même en partant de soi) que peu d’adultes ont ces capacités …

Or souvent, nous les exigeons chez l’enfant en ignorant complètement son état et stade de développement.

En lien avec les tempêtes émotionnelles

Quand l’enfant montre qu’il vit un véritable drame pour une banane tombée au sol ou parce qu’on lui a donné le verre bleu au lieu du rouge, ce n’est ni de la comédie ni un caprice.

C’est la manifestation de la tempête qu’il vit à l’intérieur. Ça nous semble dérisoire à nous qui avons cette capacité, mais pour l’enfant, c’est très sérieux.

Et pour les enfants qui n’expriment rien et semblent “sages” (non poussés par des émotions) c’est souvent le résultat d’un conditionnement à la sidération.

La sidération, c’est quand le cerveau atteint un tel niveau de stress qu’il disjoncte pour éviter la mort. 

Ce n’est donc pas un objectif à atteindre que de vouloir griller le cerveau de notre enfant pour que d’apparence, il soit convenable aux yeux des autres (calme et immobile comme une poupée).

Alors j’entends que l’état émotionnel des enfants n’est pas facile à vivre pour les adultes qui ont été conditionnés à la sidération du fait des violences qu’ils ont eux-mêmes subies.

Aider l’enfant à traverser ses tempêtes émotionnelles ça implique qu’on soit déjà au clair avec nos propres émotions.

 

En lien avec ses besoins 

Les gestes violents se manifestent dès les premières années de vies où un tout petit utilise cette agressivité : mordre, frapper, tirer, pincer, jeter, crier, bousculer, griffer… Pour exprimer de nombreux besoins et des émotions liées à ces besoins.

Ce sont des démonstrations, en autres ; de besoin de contact, de besoin d’interaction, d’expression de sa colère, de décharge des tensions, d’expression de sa joie/de son excitation.

Jusqu’à 2~2,5 ans, ces comportements doivent être accueillis d’une façon la plus neutre possible sans jugement et encore moins des réprimandes ou violences.

L’idée, c’est de valider qu’on a compris qu’il y a un besoin à satisfaire : “OK, je vois que tu veux me dire quelque chose, que tu veux jouer avec untel, que tu es heureux, etc.”

Si l’on s’intéresse au besoin, on n’a pas besoin de dire stop pour empêcher un geste pulsionnel que l’enfant ne maîtrise pas encore.

Puis on peut inviter progressivement l’enfant (en fonction de son âge) à adopter une alternative :

  • Signer (langue des signes) le besoin de jeu, d’interaction
  • Verbaliser
  • Désigner l’objet convoité, etc.

On peut aussi verbaliser une demande, vu qu’il est dans une logique psychomotrice, ce sera plus facile pour lui de faire autre chose que de s’empêcher de faire.

Pour les enfants plus grands, après 6/7 ans, il faut se souvenir que ça reste un processus et que c’est l’âge des premières connexions neuronales entre les parties du cerveau concernées par la gestion de cette agressivité. Elles n’apparaissent pas du jour au lendemain ; il faudra donc encore du temps à l’enfant.

Quand le comportement agressif est trop récurrent que cela met souvent les autres en danger, crée beaucoup de conflits ; alors il y a un mal-être qui se cache derrière cette agressivité qui va au-delà de la maladresse liée à la maturation cérébrale :

  • Ce peut être le signe d’un mal-être physiologique comme des allergies ou des troubles physiologiques (surtout chez les tout petits qui ont du mal à verbaliser leur état et vont le manifester par de l’agressivité, on peut alors découvrir par exemple des otites)
  • Ce peut être la manifestation de violences que l’enfant subit de la part de son milieu familial ou scolaire, 
  • Ce peut être aussi la manifestation d’un mode de fonctionnement comme un neuroatypisme qui nécessite que l’enfant soit accompagné d’une façon spécifique, plus adaptée. 

Si vous sentez que c’est “trop”, j’invite alors à consulter un professionnel.

 

En lien avec ses capacités 

Tous les êtres humains, à moins d’être pervers, font du mieux qu’ils peuvent : ils sont mus par la réalisation de leurs besoins même quand ils emploient les pires stratégies. 

La différence est que les enfants ont des incapacités et une immaturité qui leur empêche de développer des stratégies adaptées en toutes circonstances. Ils font du mieux qu’ils peuvent avec leurs compétences et leurs capacités dans l’instant, qui sont liées à leur stade de développement.

La violence de l’enfant, celle qui est utilisée pour exprimer ses besoins ou émotions (et non celle liée à la survie), est une maladresse.

Elle est provisoire, jusqu’à ce qu’il apprenne à faire autrement. 

Contrairement à l’adulte, la violence d’un enfant est liée à sa logique psychomotrice et à l’immaturité de son cerveau.

« Les enfants font toujours de leur mieux. »

Partir du postulat que l’enfant fait toujours du mieux qu’il peut, c’est raisonner avec empathie, en arrêtant de vouloir à tout prix attribuer de mauvaises intentions aux enfants.

Cette posture dénuée de visions négatives qui pourrissent vos lunettes, vous permet alors de vous proposer un autre angle de vue et donc une approche de réponse différente

En lien avec ses réflexes innés 

L’agressivité chez un individu est perçue de façon négative, ce n’est pas un comportement socialement acceptable.

Or, elle est naturelle chez l’humain et relève d’un système archaïque de défense et de survie : l’agressivité a une fonction.

Tous les humains en sont pourvus et ont une façon de l’utiliser. Les enfants l’utilisent avec la “maladresse” due à leur stade de développement/maturation cérébrale.

Ils vont acquérir un contrôle de cette agressivité.

Mais c’est un processus qui demande du temps jusqu’à ce que l’enfant intègre les codes sociaux.

En revanche, je vous invite à prendre de la hauteur afin d’observer les situations où la violence de votre enfant revêt d’un instinct de survie ;

Lorsque quelqu’un vous court après comme un prédateur pour vous arracher vos vêtements vous aurez aussi l’ envie de le repousser en le frappant et mordant, c’est ce que font les enfants quand on veut les forcer à mettre le pyjama , changer la couche, s’habiller, aller à la douche, ou lui moucher le nez.

C’est une violence réflexe tout à fait saine à une agression physique (si vous voulez apprendre à accompagner vos enfants dans l’hygiène,  soins et la santé sans méthodes barbares ni maltraitantes voire dangereuses – introduire de force des objets dans les orifices des enfants quelles que soient les intentions, c’est violent et dangereux (Cf. Dossiers thématiques). 

 

Mon enfant est agressif ; apprendre à gérer 

Éviter de répondre par la violence 

Pour les aider, il est important de ne pas se laisser déborder soi-même par ces comportements ne pas les considérer comme étant dirigés contre nous ni “pour faire mal”, mais bien intégrer cette maladresse dont il s’agit. 

Et surtout ne pas y répondre par la violence en retour : crier, réprimander, ou pire ; frapper. 

Je dis pire, mais pour le cerveau tous ces traitements sont équivalents : la même zone de la douleur intense s’allume, le même effet de sidération se produit.

Réprimander, désapprouver, culpabiliser sont des postures violentes et l’on ne résout pas la violence par une autre violence.

Malheureusement, en parentalité “positive” aussi, on trouve des conseils qui relèvent des Violences Éducatives Ordinaires : 

Faire des diversions est la fausse bonne idée de l’éducation bienveillante. 

Lorsqu’on fait diversion, on est dans le fait de détourner l’attention de l’enfant de ce sur quoi il a porté son intérêt, son focus, mais pour X raisons (danger, principes, peurs, etc.) on lui refuse d’accéder à ce qu’il veut pour lui faire porter son attention sur autre chose. Ou bien, on tente de lui faire faire quelque chose qu’on a clairement en tête pour lui en utilisant quelque chose qu’il aime, comme le jeu. 

Il s’agit de manipulations pour outrepasser le consentement de l’enfant en le coupant de son ressenti initial. Ce pour quoi il a opposé un refus à votre demande. 

Je sais qu’on est tenté de faire ça pour éviter une manifestation virulente de l’enfant, mais je vous le déconseille fortement : vous l’embrouillez et le conditionnez à une manipulation que d’autres pourraient utiliser à des fins dangereuses. 

La perte de repères crée l’altération de sa confiance en lui, mais aussi de sa confiance en vous. Ce sont des conséquences délétères à la fois pour son développement et pour la relation. 

Éviter de relever les comportements inappropriés

Prenons un exemple : mon enfant en a frappé un autre. 

Je ne lui dis pas que c’est mal, que ce n’est pas bien, etc. Je lui dis que c’est important de respecter l’intégrité des autres et que pour ça et pour remplir son besoin (je le nomme) la prochaine fois, il peut … (je lui propose une alternative selon le contexte). 

Et que je lui fais confiance, qu’avec le temps il apprendra à le faire.

Reconnaître les besoins et montrer notre confiance à ce qu’il apprenne à faire autrement, permet de nous extraire des V.E.O. que sont les réprimandes, la moralisation, les jugements, les désapprobations. 

C’est aussi montrer un amour inconditionnel.

Le conseil qu’on entend souvent dans l’éducation positive/bienveillante, c’est de juger les actes plutôt que la personne en disant à l’enfant :

“Je n’aime pas quand tu fais ceci ou j’aime mieux quand tu fais ça”  

L’enfant lui entend toujours “je t’aime ou je ne t’aime pas quand…” 

Ça reste de l’amour conditionnel de son point de vue, car l’enfant n’a pas la capacité de distinguer ses actes de sa personne, c’est une prise de recul qui lui est impossible.

Nombre d’adultes s’offusquent et réagissent même violemment quand leurs actes sont jugés (quand on identifie justement que quelque chose est violent pour l’enfant, l’adulte se dit “ah oui, donc moi, je suis violent ?!!).

Alors, imaginez comment un enfant peut se sentir quand on pointe du doigt ses comportements…

Comme il ne remet pas en cause la parole de l’adulte et que le propre de l’enfant c’est de se considérer comme étant un problème dans ces situations, il commence par se détester lui-même…

 

Éviter les leçons de morale

“Ce n’est pas bien de faire ci, c’est mal de faire ça”. 

Les leçons de morale font partie des V.E.O. 

En raisonnant en termes de besoins, on s’extrait de ça. 

Par exemple, si l’on comprend que notre enfant se montre agressif pour exprimer un besoin de découverte, on ne sera plus tenté de lui faire la morale sur ce qui est bon ou mauvais. On s’attachera plutôt à lui proposer d’autres stratégies pour remplir son besoin. 

Quand on fait le choix d’être observateur et respectueux plutôt qu’un moralisateur, nos enfants apprennent à se défendre seulement lorsque c’est nécessaire. 

Cela implique vraiment qu’ils se sentent libres et non dominés par les adultes à la base, car c’est comme ça qu’on les conditionne à la soumission. 

Alors comment nos enfants apprennent-ils le respect ?

Le respect est une valeur qui se vit. Les enfants ont besoin de se constituer un référentiel en passant par le vécu pour apprendre les choses. 

Le blabla qu’on peut faire sur les valeurs n’a aucun sens si l’on ne transpire pas nous-mêmes ces valeurs. Respecter ses enfants dans leur développement, leur rythme et leurs capacités, c’est la base.

Les valeurs n’ont donc pas besoin d’être expliquées puisqu’elles s’acquièrent naturellement au cours de développement de l’enfant. 

Mon enfant est agressif ; trouver sa posture

Remettre en question nos attentes

Lorsqu’un enfant se montre agressif, si malgré toutes les explications, il continue, c’est qu’il ne peut pas comprendre

C’est alors l’attente “lui faire comprendre” qui est à changer. 

“Si vous l’avez dit 1000 fois à un enfant et qu’il ne comprend pas, alors ce n’est pas l’enfant qui apprend lentement.” Walter Barbe

Intégrer que l’enfant ne peut pas comprendre permet d’avoir une attente réaliste. 

Par exemple : s’il n’arrive pas à s’empêcher de jeter comment l’aider à faire autrement quand il sera prêt ? 

En lui proposant des alternatives. Ça ne veut pas dire qu’il le fera systématiquement, mais il aura une alternative qu’il pourra mettre en application quand il sera prêt.

Et en attendant, mieux vaut ne pas attacher d’état émotionnel au fait qu’il jette, tape, crie… 

Exprimer un Amour inconditionnel

Aimer notre enfant s’il est comme-ci ou comme ça, s’il répond à telle attente, s’il remplit nos besoins, s’il nous obéit, s’il nous rend fiers, s’il est gentil avec sa soeur ou son frère, s’il ramène de bonnes notes ou fait de jolis dessins, c’est de l’amour sous condition.

Cet amour sous condition, parfois, on le ressent vraiment, car on n’a rien reçu d’autre et aimer nous est devenu difficile. Mais parfois, on l’exprime malgré nous, parce qu’on a été programmé à parler ou manifester notre amour seulement sous condition.

Changer son langage d’amour, afin qu’il colle à nos véritables sentiments ça s’apprend. 

Avant ça, il faut comprendre quelque chose d’essentiel : l’amour ne se divise pas, il se multiplie.

L’amour que vous portez à vos enfants vous pouvez vous le donner, aussi, à vous-mêmes. 

Et je n’aime pas être dans l’injonction alors je ne vais pas dire, vous “devez” vous aimer, mais je vous souhaite de vous aimer vous-même autant que vous aimez vos enfants.

Je vous souhaite de vous aimer avec vos erreurs, avec vos difficultés, vos kilos, vos rides, vos choix, avec tout ce qui pourrait faire qu’aujourd’hui vous vous dites “je m’aimerais plus si …”

Aimez-vous tel que vous êtes aujourd’hui, c’est la meilleure façon de vivre l’amour inconditionnel et de commencer à le montrer à vos enfants.

Vous êtes la seule personne au monde qui peut vous donner cet amour à vous-mêmes et vous en avez besoin, c’est un carburant essentiel. 

Remettre en question nos préjugés

En parentalité circulent un grand nombre de préjugés qui veulent nous faire entendre qu’il faut apprendre aux enfants les limites, les frustrations, le respect …

Le gros problème est de considérer que l’enfant apprendra parce que l’adulte a décidé que “maintenant, c’est bon, c’est le moment où ça doit commencer à rentrer”. Et si ça ne rentre pas, on va forcer un peu : on va inculquer…

Pourtant, la plupart des adultes comprennent qu’on n’apprend pas à un bébé de 6 mois à marcher (et encore moins “de force”) et que cette compétence s’acquiert quand il est prêt, d’un point de vue physiologique. L’adulte se contente de poser un environnement sécure où l’enfant peut mettre en oeuvre cette acquisition.

Alors comment apprend-on ces notions ? 

  • La frustration : les enfants la vivent de façon intense, car ils ne sont pas équipés pour la traverser tout seuls jusqu’au moins 6/7 ans, âge à partir duquel les premières connexions neuronales se forment entre le COF (cortex orbitofrontal) et l’amygdale (siège des émotions) lui permettant de différer ses besoins et sortir de l’immédiateté.
  • Pour les limites : il est nécessaire qu’elles soient naturelles et logiques (non pas volontairement et arbitrairement imposées par les adultes). Les enfants ont besoin de vivre l’expérience pour se constituer un référentiel et les connexions neuronales afférentes leur permettent de la comprendre. Ex : la limite de la gravité qui ne permet pas de faire tous les mouvements désirés… Ou bien la limite de l’espace d’autrui ou son intégrité : l’enfant apprendra dans l’interaction et par la réaction de l’autre quand il risque d’aller trop loin. 
  • Pour le respect : c’est en étant lui-même respecté en toutes circonstances qu’il acquière les bases des postures respectueuses qu’il appliquera dès qu’il sera en capacité. Encore une fois, répétitions et développement du cerveau sont les indispensables de cette équation. 

 

Bannir les étiquettes 

Je vous invite également à prêter une grande attention aux étiquettes. 

« Il est méchant, » « c’est un enfant agressif » « il est toujours en train de taper »

Les étiquettes enferment l’enfant dans un comportement. En le définissant par ce comportement, on le stigmatise.

Alors que c’est le comportement qui est agressif et non l’enfant. 

En se focalisant sur les besoins, on apprend à raisonner en termes de stratégies pour remplir ces mêmes besoins et discuter des stratégies, proposer des alternatives acceptables (qui n’entravent pas les besoins des autres) devient une façon saine et équilibrée de revenir à froid sur des situations.

 

Nourrir la maturation du cerveau grâce à la démarche ARE

Imaginons les émotions comme des vagues. Nos enfants ne sont pas équipés pour les affronter seuls. 

Nous sommes alors en quelque sorte leur bouée, celle qui leur permet de ne pas se sentir submergés par leurs émotions. 

La clé de l’efficacité de cette bouée, c’est l’empathie : cette compétence innée qui nous permet de recevoir les émotions des autres. C’est la clé, car la digestion des émotions est bonifiée lorsque nous les vivons dans la reliance.

Pour aider vos enfants, vous devez être vous-mêmes “au clair” avec vos propres émotions.

Ensuite, en lui faisant vivre une expérience qui consolidera la création des circuits neuronaux, vous lui permettrez d’acquérir avec le temps les compétences nécessaires. 

On peut alors lui montrer de l’empathie, notre confiance à ce qu’il apprenne à faire autrement et surtout lui rappeler, c’est quoi “l’autrement”.

L’empathie n’est pas dans les phrases bateau “Oui, je vois que c’est dur pour toi, je comprends” qui sous-entendent “mais c’est comme ça parce qu’il le faut ou que c’est bon pour toi/c’est la règle…”.

La vraie empathie, c’est quand on est amené à imposer quelque chose à son enfant pour x raisons et qu’on se dit “mince, je vois qu’il/elle n’est vraiment pas bien là, je le vois dans ses yeux, sur les traits de son visage, je l’entends à son timbre de voix, je le sens profondément.” 

Ça consiste à se connecter à cet état de notre enfant, et se dire que là ce qu’on lui impose ce n’est pas la meilleure chose pour lui. 

Même si ça nous a paru être la meilleure décision sur le moment. 

Et utiliser cette connexion et les signaux de souffrances, douleurs, difficultés, de notre enfant pour trouver une façon plus juste de répondre la fois suivante. 

Un enfant ne souffre pas de ce qu’on lui impose un instant T, mais de ce qu’on ne considère pas les conséquences pour lui et qu’on ne cherche pas à faire en sorte de les prendre vraiment en compte. 

Cette empathie se travaille, je vous rassure, mais soyez exigeant sur les sources que vous sélectionnez pour vous aider dans votre chemin si vous voulez sortir de vos propres schémas. 

Mon Enfant est agressif ; que faire quand c’est la crise ?

Si soi-même, on se sent trop débordé, submergé par l’émotion, si besoin, on peut s’extraire, s’excuser et s’isoler pour redescendre en pression avant de pouvoir accompagner l’enfant avec respect.

 

La méthode S.A.V.E.

STOPPER : parer les coups, sans les contenir. Employer un ton calme et neutre : « Ok, tu es en colère, mais je ne peux pas te laisser faire ça »⁣

ACCUEILLIR : ce que l’enfant exprime, ou tente d’exprimer. Être présent, dans le moment et soutenant.⁣

VALIDER : les sentiments de l’enfant sont légitimes ; il a le droit de les avoir et de les exprimer, à ce stade, il faut les valider sans ressentiment en étant sincère et empathique de son état.⁣

ENCOURAGER à faire autrement. Cela nécessite, après chaque colère et lorsque l’enfant a retrouvé tout son calme (de longues heures après, autrement dit “à froid”), de donner à l’enfant des outils pour faire autrement. Quand il aura la maturité cérébrale suffisante, il finira par s’en servir. ⁣

La méthode de l’ascenseur

Ce super outil vise à aider vos enfants à verbaliser ce qui les traverse dans une situation où ils sont en proie à une forte émotion.⁣

La tour d’excitation doit d’abord s’élaborer à froid, en dehors de toute situation émotionnelle intense !⁣

Pour la créer, c’est très simple :⁣

  1. Proposez à votre enfant de dessiner la tour en numérotant ses différents étages.⁣
  2.  Faites-lui ensuite inclure à l’intérieur tout ce qui peut provoquer chez lui une montée d’excitation (endroits stimulants, sucreries, jeux vidéo, dessins animés…)⁣
  3. Étape clé : dessinez un ascenseur sur l’extérieur de la tour⁣.

Pour utiliser cette tour ingénieuse, on fait d’elle un véritable outil en prenant soin d’inclure l’enfant dans cette démarche et d’obtenir son consentement.⁣

Quand il se sent trop en tension et que vous constatez que cette excitation commence à le submerger, aidez-le à se situer dans les étages en lui posant des questions. Puis, invitez-le à prendre l’ascenseur pour redescendre.

L’objectif ? Trouver une possibilité qui convienne à votre enfant pour faire redescendre son excitation, tout en stimulant son imagination grâce à la recherche commune de solutions, qui nourrira votre relation ?

Les alternatives à proposer

Les solutions alternatives : il y en a plein, et on les proposera toujours à froid loin des tempêtes émotionnelles. N’oubliez pas : ce n’est pas en pleine turbulence que les hôtesses de l’air vous expliquent les conseils de sécurité, mais quand vous êtes au sol, au calme, disposé à les entendre. 

De la même façon, expliquez les manières attendues d’exprimer les choses. Je reprends la liste proposée dans l’article sur les “crises” :

  • Tu peux souffler fort
  • Tu peux battre des bras comme un papillon
  • Tu peux faire le tigre ou cracher ta colère à la terre
  • Tu peux aller taper dans un coussin (aide pour réorienter le geste surtout à chaud et non comme un « entraînement » je ne recommande pas le coussin de la colère pour ce côté « entretien » de la logique de taper)
  • Tu peux jeter une balle
  • Tu peux sauter, etc.

Votre enfant apprendra avec le temps.

? Les cris sont une façon de s’exprimer sous le coup d’une émotion ou par tests de la voix. 

C’est difficile à contrôler pour les bébés et bambins. On peut les inviter à parler à voix basse et le faire nous-mêmes pour encourager un certain mimétisme.

Mais s’armer de patience et de boules quies, casque antibruit, est plus réaliste (le but de ces accessoires étant juste d’atténuer le son pour ne pas être soi-même submergé et pouvoir ainsi mieux entendre et comprendre le besoin).

En cas de dispute, dans la fratrie ou en dehors :  intervenir dans les relations ou dans toute autre activité de l’enfant quand on est dans une démarche d’accompagnement respectueux relève des mêmes principes :

  • l’enfant est en cours d’acquisition d’une compétence,
  • il doit donc faire des tentatives par lui-même,
  • s’il y a un danger (sécurité, ou intégrité physique et psychologique compromise) on intervient. L’intervention consiste à valider les besoins et proposer des alternatives qui ne sont pas dangereuses pour les remplir.

L’aider à décharger

Les émotions sont toutes positives, car elles ont toutes une utilité. 

Qu’on s’autorise à en avoir déjà, en arrêtant de parler d’elles comme “négatives” ou “positives ». 

S’autoriser à avoir des émotions, c’est arrêter de vouloir les cacher, les refouler, les maîtriser ou les canaliser : bien sûr, on doit pouvoir les exprimer sans blesser personne, mais elles doivent pouvoir être exprimées.

La seule chose qui fasse partie d’un tempérament (inné) c’est l’intensité avec laquelle on ressent les choses et les exprime. 

“Il nous traite de méchants” : oui, les enfants, quand ils n’ont pas encore acquis les codes sociaux en lien avec l’expression de leurs émotions, font avec les moyens du bord. 

Les insultes font partie de l’expérience du langage et elle s’accompagne aussi comme toutes expériences en lien avec une acquisition.

Et oui parce que les “gros mots”, quand ils sortent de la bouche des enfants, n’ont pas le sens que nous leur donnons. 

Les enfants imitent, répètent, comprennent le contexte : dire certains mots quand on est énervés, frustrés, en colère, mais ils ne captent pas le sens. 

Quand mon fils me traitait de moule frite, je trouvais ça mignon, mais quand “espèce de moule” s’est transformé en “espèces de gueule” puis en “putain de gueule” puis en “putain de merde” j’ai trouvé ça nettement moins mignon ! 

Pourtant, ni les émotions, ni les intentions de mon fils n’ont changé. 

Alors après avoir passé différents états, j’ai dédramatisé :

Dédramatiser ce n’est pas se moquer ou nier les émotions de la personne en face, c’est choisir comment on est impacté dans l’interaction, et l’on peut montrer cela par le rire qui peut être une façon intéressante d’accompagner certaines difficultés à condition de bien adapter notre posture à l’état de l’enfant. 

Tout est une question d’équilibre, et comme je dis toujours : vous êtes aux premières loges pour mesurer toutes les subtilités de votre état interne et de l’état que vous manifeste votre enfant. 

Les réactions à éviter 

❌ Demander à l’enfant d’arrêter sa crise. S’il le pouvait, il ne se mettrait pas dans cet état.⁣

Réprimander, crier, attaquer avec des “tu”, contenir l’enfant, le laisser seul ou l’isoler. Les V.E.O. ne sont jamais la solution. ⁣

❌ Demander à l’enfant la raison de sa colère. Les fonctions supérieures de l’enfant sont, pour le moment, rompues. Lui demander “pourquoi” ne fera qu’intensifier son émotion.

❌ Demander à être excusé.

Plusieurs problèmes se posent selon moi dans la demande d’excuses à un enfant :⁣

  • L’irréalisme de nos attentes : l’enfant n’a pas toujours conscience de l’erreur commise ni du fait qu’il doive demander à être pardonné⁣.
  • Les dégâts sur son estime de lui : des études montrent que l’enfant qui s’excuse à contrecœur peut se sentir désapprouvé, et donc indigne d’amour et de confiance⁣.
  • La cristallisation des comportements négatifs : le cerveau requiert des formulations positives pour s’engager dans l’action, et se focaliser sur le comportement à ne pas reproduire est donc contre-productif⁣.
  • L’agressivité à l’extérieur (école, lieu de sorties, etc).

“Comment éviter que notre enfant se bagarre, se montre agressif à l’extérieur ?”

Il n’est pas possible ni souhaitable de téléguider ses enfants donc à ce sujet on ne peut que faire confiance aux adultes en présence pour stopper les violences et éviter les accidents. Ça fait partie de leur travail puisqu’ils ont en charge les besoins des enfants pendant le temps qu’ils sont avec eux.

⚠ Parfois, on pense parce que l’enfant serait trop “grand” il devrait comprendre, à 5 ans ou 10 ans… Ou l’on présume qu’un enfant agresseur serait juste un bourreau. 

Je rappelle qu’un enfant a toujours une raison pour mal se comporter, ce n’est jamais gratuit. Une des premières choses à faire est de comprendre et donc faire preuve d’empathie envers cet enfant. 

Tous les comportements ne sont pas cautionnable, mais ils sont compréhensibles.

La première étape est bien d’essayer de comprendre (après avoir protégé l’autre enfant si nécessaire).

L’accompagnement respectueux n’est pas que pour les bébés et bambins. Tous les enfants méritent cette démarche et “c’est quand un enfant semble le mériter le moins qu’il a le plus besoin d’amour et d’attention”. 

 

Votre enfant est agressif : sortir du cercle vicieux dès maintenant

Vous avez à présent en main toutes les clés pour :

? Comprendre le développement de votre enfant. 

? Changer de lunettes et observer l’agressivité en termes d’expression des besoins et des émotions 

? Ajuster votre posture afin de permettre à votre enfant d’expérimenter en toute confiance. 

Réagir de façon juste lors des crises et aider votre enfant à s’outiller lors des temps calmes. 

Si malgré tout, vous avez du mal à ne pas disjoncter en même temps que lui, vous êtes peut-être aux prises avec vos propres émotions. 

Et c’est bien normal. 

Pour vous aider à prendre un autre chemin et ne plus être sous l’emprise de votre propre colère afin d’aider au mieux votre enfant, je vous propose de télécharger immédiatement le kit colère :

 

FAQ

? Pourquoi mon enfant est-il agressif ? 

Comme nous l’avons vu dans cet article, l’agressivité est un comportement et non une part intégrante de votre enfant. Ces comportements que l’on juge comme agressifs ne sont que l’expression naturelle des émotions et des besoins de votre enfant. Il a donc toute sa légitimité à l’exprimer de la sorte jusqu’à ce qu’il soit en capacité de faire autrement. 

? Comment réagir face à un comportement agressif ? 

Nous avons vu dans cet article les différentes méthodes respectueuses qu’on peut appliquer pendant une crise. La méthode SAVE, l’outil de l’Ascenseur, mais également et surtout ce qu’il faut éviter de faire. Ce sont ces derniers qui sont à retenir en priorité. 

? Quelles sont les causes de l’agressivité ?

Comme nous l’avons vu dans cet article, les causes de l’agressivité résident la plupart du temps dans l’expression des émotions et des besoins à remplir. Cependant, dans certains cas, il faut creuser un peu plus loin afin de vérifier qu’il n’y a pas une raison supplémentaire à ces excès de colère. 

? Comment canaliser l’énergie de mon fils de 3 ans ? 

Comme décrit dans cet article, la meilleure façon de canaliser son énergie, c’est d’observer, de comprendre et de répondre à ses besoins. Cela consiste à lui proposer des alternatives acceptables afin qu’il soit libre d’expérimenter et d’assouvir ses besoins psychomoteurs entre autres. 

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