Organiser le quotidien des enfants : Bonnes idées VS Fausses bonnes idées

Donner un rythme de sommeil, d’allaitement ou de biberons à un bébé, préparer votre bambin au tempo de l’école, organiser le quotidien de vos plus grands… Vous avez l’impression que le rythme de vos enfants ne coïncide jamais avec votre emploi du temps ? Voyons ensemble “quand” et “comment” gérer efficacement la notion de routines. 

(Consultez le sommaire pour lire directement la partie qui concerne l’âge de votre enfant)

Vous voulez donner un rythme à votre enfant pour arrêter de courir après votre quotidien ? 

Logique. 

On a tous en tête l’image de la famille bien rangée, dont le déroulement des journées est prédéfini, qui nous donne l’impression que tout se passerait sans encombre si l’on arrivait à suivre ce type d’organisation. 

Bien sûr, on ne veut pas ressembler à un camp de militaires. 

Mais quand même, si nos enfants avaient des tempos un peu plus cohérents à nos horaires ; ça nous arrangerait bien !

Alors faut-il donner un rythme ou non, quand et comment s’y prendre ?

Donner un rythme à bébé 

Si votre enfant n’a que quelques mois ou semaines, votre quotidien vous semble probablement bien chamboulé. 

On peut comparer votre maison à un champ de bataille, et vous ne savez jamais à quel moment prendre une douche. 

Le rythme chaotique des nourrissons met notre organisation à rude épreuve. Face à l’imprévisibilité constante, vous rêvez peut-être de régler votre bébé sur des horaires un peu plus concordants à vos besoins. 

Quand donner un rythme à bébé devient risqué  

  • Cela va à l’encontre de ses besoins naturels

À sa naissance, les bébés sont complètement dépendants de leurs parents. Ils font de leur mieux pour exprimer leurs besoins, et nous faisons de notre mieux pour les prendre en charge. 

Les premières semaines, il va de soi que les journées et les nuits se suivent, mais ne ressemblent pas…

Mais, au bout d’un certain temps, on peut être tentés de « donner un rythme » à notre enfant. Un horaire de coucher, des temps de repas définis, une organisation « type » bien ficelée. 

Si vous vous reconnaissez dans cette situation, et que vous vous interrogez sur ces notions de régularité, récurrence, routines… Je vous invite à prendre du recul sur les préjugés. 

En premier lieu, on est souvent tentés de donner un rythme aux bébés, parce qu’on pense que c’est nécessaire, qu’ils en ont besoin… 

Ces idées rejoignent alors celles de dire « les enfants ont besoin de limites, de cadres… », autrement dit : ils ont besoin qu’on leur apprenne comment vivre. 

Or c’est une démarche complètement opposée à l’idée d’accompagnement respectueux pour 2 raisons : 

  • Cela sous-tend une relation verticale et autoritaire ; il y’a un « sachant » (l’adulte) et un non-sachant (le bébé). 
  • En partant du principe que c’est à l’adulte de décider pour le bébé ce qu’il doit faire et quand il doit le faire, cela coupe la connexion de l’enfant à ses propres ressentis et l’empêche de faire les expériences pour apprendre par lui-même.

Le risque majeur, c’est donc d’entrer en résistance avec les besoins naturels de notre bébé. 

N’oublions pas que ce petit être vient de passer 9 mois lové dans le ventre de sa maman en étant nourri sans discontinuité. 

Des horaires réguliers de repas et de sommeil entreront alors en conflit avec la venue naturelle de ses besoins. 

  • Cela va distendre la relation

L’autre problème avec une posture verticale dans laquelle on décide pour le bébé de rythmes à suivre, c’est de se déconnecter de sa communication. 

Les pleurs ne sont pas l’unique moyen de s’exprimer chez un nourrisson. Ses gestes, les crispations sur son visage, son regard…tant de signaux peuvent être observés pour apprendre à communiquer avec son bébé. 

Mais lorsqu’on a décidé que là, c’est l’heure du bain, qu’on attrape l’enfant et qu’on l’emmène à la salle de bain, on risque d’en oublier de vérifier son consentement. 

Évidemment, à un âge où il ne peut pas encore filer en courant ou dire clairement « non », il est plus facile pour l’adulte de décider ce qui est bon pour lui. 

Or, dans un accompagnement respectueux de l’enfant, il n’est pas souhaitable de lui apprendre dès le plus jeune âge, ni la soumission, ni l’obéissance. 

J’invite alors, jusqu’à ce que ça devienne automatique pour vous si ça ne l’est pas, à toujours faire l’effort de communiquer à votre bébé vos intentions. 

Comment concilier votre rythme à celui de votre bébé ?

  • En interrogeant vos choix 

Ce que les parents oublient souvent, c’est la notion de responsabilité. En pratique, il s’agit de se poser les bonnes questions au sujet de nos choix. 

Par exemple : Est-ce que je veux donner un rythme à mon bébé :

  • Parce qu’on m’a dit que ce serait mieux pour son développement ? 
  • Parce que je culpabilise d’avoir l’impression d’être toujours mal organisé ? 
  • Parce que j’ai l’impression que je n’ai pas d’autres choix ? 
  • Etc.

L’idée, c’est de vous laisser la possibilité de modifier vos cheminements, et de vous questionner toujours suffisamment pour être au clair avec vos choix de vie. 

Les enfants n’ont pas à porter les conséquences des choix de vie faits par leurs parents. 

  • En reprenant la main sur vos responsabilités 

Une fois vos choix faits de façon éclairée, vous aurez alors la possibilité d’assumer vos responsabilités. 

Parce qu’il n’y a rien de pire pour la relation et l’exemple qu’on donne que de s’excuser avec des « Je n’ai pas le choix ». 

On a toujours le choix, et agir avec ce principe en tête vous évitera de prendre des décisions à risques comme précédemment citées. 

En revanche, un parent qui assume sa part de responsabilité et ses décisions pourra accompagner son enfant avec bien plus d’écoute et d’empathie, puisqu’il sera conscient que les difficultés rencontrées par l’enfant sont légitimes. 

  • En se facilitant la vie

Quand on est à l’écoute des besoins de chacun et aligné avec l’idée de responsabilité, on peut alors se donner les moyens de moduler le quotidien pour répondre aux besoins de bébé.

Beaucoup de nos tâches quotidiennes sont en réalité des automatismes que l’on s’impose, j’invite alors à questionner chacune de vos “obligations” sur votre to do list, et de vous intéresser au minimalisme.

Repenser la dynamique familiale, être dans l’instant présent, se connecter à l’essentiel…

Lorsqu’on se donne le choix d’élargir nos possibilités, de réduire ce qui coûte à notre charge mentale, il devient plus facile de concilier les besoins de chacun. 

Par exemple, si les horaires de sieste de votre enfant semblent vous empêcher d’inviter des amis pour un repas, pourquoi ne pas envisager d’organiser plutôt, un goûter en après-midi, ou même un brunch en matinée ?

Donner un rythme à un bambin

Pourquoi imposer une organisation à votre bambin ? 

  • A-t-il besoin de tant d’activités ?

En dessous de 4 ans, vivre ensemble, c’est tout ce dont a besoin un enfant. 

Souvent, on imagine, parce qu’on voit ça un peu partout, qu’il est nécessaire d’instaurer des temps d’apprentissages. 

Les activités de type Montessori peuvent être intéressantes, mais c’est en fait simplement une reproduction de la vie en famille. 

L’essentiel de ces occupations se fait dans le quotidien. Cela ne répond pas à un besoin de l’enfant que de recréer ces temps d’activités artificiellement dans le but de lui apprendre des choses. 

La question des apprentissages peut être vraiment source de stress si l’on se prend au jeu des performances et des comparaisons entre enfants. 

La seule notion indispensable à mon sens c’est l’observation. Être activement à l’écoute des intérêts et observer ses expériences vous permettra d’adapter son environnement à ses appétences. 

  • A-t-il vraiment besoin de routines ?

Contrairement aux idées véhiculées sur les besoins des enfants, tous ne sont pas à l’aise avec les routines. 

De façon innée, selon leur tempérament, certains ont spontanément un rythme en lien avec leur physiologie. 

Ce sont des bambins qui, par exemple, ont tendance à avoir besoin d’éliminer toujours au même moment de la journée, où s’endormiront spontanément à un horaire relativement fixe. 

Mais d’autres enfants ne sont pas réguliers en termes de remplissage des besoins physiologiques. 

Par conséquent, leur imposer un rythme pourrait être violent. Ils vivraient mal les routines et rituels en tous genres. 

L’observation est à nouveau la clé qui vous permettra d’évaluer si votre enfant est plus ou moins réconforté par ces routines. 

Comment concilier votre rythme avec celui de votre bambin ?

  • En tenant compte de la notion d’immédiateté

Le bambin est dans l’immédiateté

Impossible pour lui d’anticiper l’enchaînement des activités. Il n’est mû que par ses besoins naturels et agit selon la règle « je veux/je vois ➡️  je prends ».

Il est essentiel d’avoir toujours à l’esprit cette incapacité due à la maturation de son cerveau. 

Respecter son rythme est alors primordial, mais comment faire lorsqu’on se retrouve coincé avec nos contraintes ?

  • Anticiper la transition : inutile d’expliquer à votre bambin tout l’emploi du temps de la journée au petit déjeuner. En revanche, si une sortie ou une visite est prévue par exemple, l’y préparer, lui rappeler, lui expliquer, apporter des réponses simples et concises à ses questions, vous aidera à passer en douceur les transitions. 
  • Faire preuve de souplesse : le bambin pris dans une expérience ou une découverte se sentira agressé si l’on interrompt brusquement son activité au moment d’un départ par exemple. En vous organisant avec plus de latitude, vous aurez la possibilité de lui proposer de finir son activité avant de partir. 
  • Si toutefois une organisation plus large n’a pas été trouvée cette fois, et que vous vous retrouvez à imposer une contrainte à votre petit, rappelez-vous la notion de responsabilité. En assumant votre responsabilité sans vous cacher derrière des « tu ne me laisses pas le choix », vous permettrez à votre enfant de ne pas se sentir trahi, et vous accueillerez son émotion avec empathie. 
  • En évitant de tomber dans le sacrifice permanent

J’aimerais à présent aborder la question des rythmes du parent. 

Le cycle hormonal est important à prendre en compte chez la mère. 

Quand on tient compte de l’immédiateté des besoins du bambin, la question à se poser c’est :

Jusqu’où puis-je différer mes propres besoins sans tomber dans le sacrifice ?

L’idée c’est de bien surveiller sa jauge. Mais avant, il convient déjà d’être à l’écoute et de savoir reconnaître ses propres besoins. 

On entend souvent lorsqu’on est parent qu’il faut prendre du temps pour soi. 

Mais prendre du temps pour soi ne nécessite pas forcément d’être sans nos enfants. 

Si l’on attend le créneau où l’on n’a pas les enfants, quand on n’a pas de relais, pas de garde possible, on fait comment pour prendre soin de soi ?

Quand on en arrive à envisager le temps pour soi qu’en étant loin des enfants, c’est qu’on est déjà à la limite de l’épuisement, qu’on a déjà beaucoup trop sacrifié nos besoins. 

L’objectif c’est donc de trouver un équilibre permanent pour garder la possibilité de différer nos besoins. 

Dans le cas échéant, l’important sera de verbaliser au bambin qu’on n’est pas en train d’ignorer ses besoins à lui, mais qu’on a besoin de prioriser le nôtre un instant. 

Organiser le quotidien des enfants d’âge scolaire

Que ce soit pour le préparer au rythme de l’école, pour être à jour dans les devoirs, ou pour apprendre à avoir un rythme de vie « sain », vous pouvez être tentés d’imposer des routines à votre enfant. 

Pourquoi imposer une organisation à votre enfant peut être risqué ? 

  • Cela entrave sa liberté 

Comme on l’a vu pour les plus petits ci-dessus, la clé essentielle pour respecter le rythme de votre enfant ; c’est l’observation. 

Sans être connecté aux besoins de votre enfant, à vouloir dicter, décider, de ce qui est bon pour lui à sa place, vous risquez de l’éloigner de ses intérêts. 

Or, les désirs d’une personne c’est ce qui la motive et lui apprend naturellement des compétences comme l’autodiscipline. 

Dicter un rythme de vie à un enfant sans recueillir son avis devient alors contre-productif. 

  • Cela pousse au rapport de force

L’enfant en âge d’être scolarisé, à qui l’on tente d’imposer un rythme ne respectant pas ses besoins, aura plus d’aisance à exprimer son refus que le tout-petit. 

Et puisqu’il est moins simple de bafouer son consentement, le risque alors, c’est d’entrer dans un rapport de force…

L’échelle de l’autorité qui mène aux violences éducatives que vous voulez justement éviter. 

Comment concilier votre rythme avec celui de votre enfant 

  • Augmenter la confiance et la coopération 

La priorité, comme énoncé au chapitre « bambin », c’est de rester attentif à votre propre état interne. 

Dans l’objectif d’éviter de décharger vos émotions sur votre enfant, vous pouvez prendre un temps pour aller parler à quelqu’un si vous vous sentez vulnérable ou en colère, par exemple. 

Cela demande d’être constamment connecté à votre propre état, et d’accueillir vos émotions.

En favorisant une expression saine de vos émotions, vous pourrez instaurer un climat de confiance propice à la coopération. 

C’est dans cette ambiance qu’on peut discuter ensemble de nos choix, et laisser l’enfant être force de proposition. 

Je vous invite à en prendre conscience lorsque vos propres angoisses peuvent être exacerbées, afin de limiter les disputes, décharges et stress. 

Résumons ; 

L’idée, c’est voir dans quel cas on se pose la question de poser un rythme. 

On veut que notre bébé s’adapte au rythme des parents ?  

On pense devoir préparer notre bambin qui doit bientôt aller à l’école ?

On a peur pour notre enfant qui fait école à la maison ?

Il n’y a jamais « besoin » d’imposer un rythme. 

L’idéal c’est de suivre au plus possible le rythme de l’enfant, en le conciliant avec celui des adultes. 

Enfin, quand on en vient à imposer, il faut traiter le cas. 

Quand on impose des choses à nos enfants, en lien avec des contraintes que l’on a choisies (faire garder l’enfant pendant qu’on travaille par exemple), plus le choix est assumé, plus on saura l’expliquer à l’enfant et accueillir ses émotions. 

L’accompagnement respectueux pourra alors mener l’enfant à gagner en autonomie, mais cette démarche demande une grande confiance et une connaissance de soi qui booste notre patience.

Dans le cercle des parents, j’apporte toutes les clés pour faire marche arrière lorsqu’on a déjà trop longtemps sacrifié nos besoins, et que cela nous empêche de revenir à un état d’équilibre.

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